

Samedi 5 avril a signé le dénouement de la finale de la Coupe du monde de dressage, avec la Reprise libre en musique. Belle prestation de Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard, qui ne sont pas passés loin d’un podium avec une quatrième place et une moyenne supérieure à 80%. Du côté de la voltige, le premier test technique a souri à Quentin Jabet, qui s’est imposé pour sa grande première avec Goldjunge, longé par Jacqueline Schönteich, et est en position idéale avant le programme libre demain matin.
Quentin Jabet prend le large en voltige
Entrée en matière plus que réussie pour le multimédaillé Quentin Jabet, engagé pour sa première finale chez les Hommes avec Goldjunge (propriété de Jacqueline et Falko Schönteich) ! Pour sa première apparition en compétition, le trio a présenté un excellent test technique récompensé d’une note de 8.990, la meilleure jamais obtenue par le voltigeur tricolore. Ce résultat, qui compte pour 40% de la note finale - le programme libre, demain matin, comptant pour 60% - permet au champion d’Europe et double vice-champion du monde de prendre une avance confortable sur ses concurrents avant son second passage dimanche à 8h33. En effet, l’Italien Davide Zanella, deuxième, a obtenu cinq dixièmes de moins (8.448).
Le format du test technique
Lors du test technique, les voltigeurs doivent enchaîner en 1’10 cinq éléments spécifiques renseignés dans le règlement. Ces éléments permettent d’évaluer l’équilibre (debout face arrière), la cadence et le rythme (la roue de l’encolure vers le dos), la souplesse (aiguille face arrière), la détente (à-terre poirier) et la force (ATR sur l’avant-bras). 4 juges vont évaluer la prestation : celui en A note le cheval à travers, notamment, sa qualité de galop ainsi que le longeur - qui doit être fixe, précis et discret dans ses demandes -, ceux en B et D jugent les éléments techniques sur 10, tandis que celui en C apprécie l’aspect artistique. Chacune de ces notes comptent pour 25% du résultat final.
Ils ont dit
Quentin Jabet, leader provisoire
“Je ne m'attendais pas à battre mon record sur une finale de la Coupe du monde ; il y a toujours des moments pour battre des records, et là pour le coup, je pense que c'était le bon moment ! Je suis très content du travail effectué, je n'aurais pas pu faire beaucoup mieux. Il y a de petites erreurs très légères et les notes sont sorties, c'est ce qui compte. C'est cool d’obtenir ce résultat, d'autant plus que c'est une compétition que je n'ai pas énormément préparée : j’ai voltigé seulement trois fois sur Goldjunge avant de venir. Notre trio fait un peu partie des outsiders, même si de mon côté je suis bien placé au niveau mondial. C'est un cheval qui a la réputation d'être fiable peu importe la piste, sa longeuse est une amie. Je forme mon jeune cheval pour les prochains championnats d'Europe et monde, cette échéance arrivait un peu tôt pour lui. J’ai donc fait le choix de voltiger sur Goldjunge. Demain, je vais présenter le programme libre qui m'a permis d'être champion d’Europe et de gagner au CVIO d’Aix-la-Chapelle (GER) en 2023. Je l'ai un peu modifié pour qu'il colle un peu plus au cheval, en ajoutant aussi des figures qui me tenaient à cœur et que j'ai travaillé pendant toute cette saison.”
Manon Moutinho, entraîneure nationale
“Nous sommes ravis de ce résultat. Pour moi, c’est le meilleur test technique qu'il a réalisé de toute sa carrière. Il y a eu une toute petite erreur sur une séquence, mais il l’a très bien gérée. Il a fait preuve de professionnalisme et d'adaptation. Sa longeuse a superbement bien longé aussi, alors qu’elle connaît moins les programmes de Quentin. Nous ne pouvions pas espérer mieux. C’est de bon augure pour demain et je trouve que Quentin a très bien géré son stress - soit il n'en avait pas, soit il l'a super bien géré - et que plus il avance dans sa carrière, plus il mûrit et progresse positivement. Je suis fière d'eux quand ils sont bons, mais quand ils deviennent de meilleurs athlètes, c'est important pour moi.”
Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard au pied du podium en dressage
Après le Grand Prix hier, la Reprise libre en musique a couronné ce soir les grands gagnants de cette édition 2025 de la finale Coupe du monde. 17 couples se sont succédé devant les 5 juges pour présenter un enchaînement original, sur la musique de leur choix. Auteurs d’un record personnel dans le Grand Prix hier (74.283%), Corentin Pottier et Gotilas du Feuillard (propriété de Camille Judet Chéret, Maryse et Hervé Pottier, groom : Pauline Guillaume) ont signé la meilleure performance tricolore en finale de la Coupe du monde depuis de longues années. Sur leur lancée après leurs troisièmes places dans les étapes qualificatives de Neumünster (GER) et Göteborg (SWE), le Francilien et son hongre de quatorze ans ont, une nouvelle fois, dépassé les 80%. Avec 80.415 % précisément, c’est avec une médaille en chocolat (suisse, bien évidemment) qu’ils sont repartis de leur première finale !
Déception pour Pauline Basquin, qui a dû composer avec un Sertorius de Rima Z*IFCE (propriété de l’Institut français du cheval et de l’équitation, groom : Rodrigue Guyon) tendu, ce qui s’est ressenti dans la présentation des différentes figures. Avec une moyenne de 77.055%, le couple, finaliste en individuel des derniers Jeux, a terminé sa première finale au neuvième rang. Tous deux vont désormais poursuivre leur travail avec comme objectif les championnats d’Europe en France, à Crozet (01), du 26 au 31 août prochain.
Le classement final a été le même qu’hier lors du Grand Prix, la Libre ayant été remportée par les champions du monde en titre, la Britannique Charlotte Fry et Glamourdale (88.185%), devant l’Allemande Isabell Werth, qui participe à sa vingt-sixième finale, aux rênes de DSP Quantaz (84.365%). Le podium a été complété par la Norvégienne Isabel Freese sur Total Hope OLD (81.850%).
Ils ont dit
Corentin Pottier, quatrième de la finale Coupe du monde
“Quand on est quatrième d’une finale de la Coupe du monde, on se dit qu'on aurait aussi pu être troisième… Mais, honnêtement, si on m’avait dit avant de venir que le résultats serait une double quatrième place, j'aurais tout de suite signé des deux mains, des deux pieds, avec mon nez, tout. Je ne vais pas dire que c’était inespéré, parce que je pense qu'on mérite cette place aujourd'hui, mais c’est au-delà de toute attente. C'est incroyable ! Je n'ai pas de quoi être triste ou en colère. Il y a une petite faute dans le premier allongement au galop, le premier piaffer n'est pas parfaitement enclenché, à un moment je suis un peu en avance sur la musique… C’est plus qu’une belle finale pour nous.”
Pauline Basquin, neuvième de la finale
“Cette reprise n'était pas facile. Le contact était délicat dès la détente, donc forcément en piste, ce n'est pas évident. J'ai essayé de gérer comme j'ai pu. Ce n'est pas notre meilleure Libre. On va se remettre en question, continuer de travailler et d'avancer. Les axes de progression vont être sur le piaffer notamment. C'est un peu frustrant car à la maison, il piaffe de mieux en mieux, mais je n’arrive pas à l’obtenir en piste pour l’instant. Je pense qu'il faut qu'il prenne confiance en lui dans les mouvements rassemblés. Je sens qu'il les appréhende car ce ne sont pas les plus simples pour lui, mais il ne faut pas se focaliser uniquement dessus, il a plein d'autres qualités. Sur cette finale, il s’est sinon bien comporté, l’ambiance est assez particulière et la piste est petite. Les grands espaces lui conviennent mieux, nous verrons ce que cela donne lors des prochains concours, s’il sort de nouveau un peu de sa coquille.”
Jean Morel, sélectionneur national
“Nous avions deux Français en lice, ce qui est très positif, et ils ont montré de belles prestations. Après nous sommes déçus pour Corentin, qui sans ses deux petites fautes, aurait peut-être pu terminer troisième et cela aurait été sympa. Il a souhaité courir cette finale et a bien fait d’aller chercher les points qualificatifs nécessaires. Cette finale est une juste récompense de ses efforts. Pauline, avec moins de fautes, aurait pu remonter un peu, mais pas à ses places habituelles. Nous savons que son cheval n’est pas le plus à l’aise en indoor. Nous avons fait le choix de participer au circuit sur 4 étapes relevés uniquement, et d’aller en finale si elle était qualifiée, ce qui a été le cas. Maintenant, elle va se consacrer à nouveau à l'équipe de France comme elle le fait depuis 2 ans et participer à maintenir l'équipe à un niveau important. Tout le monde va retourner en extérieur et la suite va se mettre tranquillement en place.”
Un Français remportera-t-il la finale en saut d’obstacles, ce qui serait une première depuis 2004 ?
Un seul Tricolore s’est imposé dans une finale de la Coupe du monde : Bruno Broucqsault, en 2004, avec Dilème de Céphe. Julien Epaillard, actuellement leader provisoire avec Donatello d’Auge (propriété de Hello Holdings 31 Slu et son cavalier, groupe 1 FFE, groom : Caroline Belouet), et Kevin Staut, quatrième avec Visconti du Telman (propriété de Françoise Sanguinetti, groupe 1 FFE, groom : Engla Ring) sont, avant les deux dernières manches dimanche dès 14h, bien placés pour lui succéder. Les deux chevaux ont été ce samedi accepté à la seconde inspection, qui a validé leur bon état de forme avant le dénouement final.
Julien Anquetin, plus loin au classement provisoire avec Blood Diamond du Pont (propriété de S.C Naquin, E.A.R.L. Ecurie Franck Anquetin H.T.O., groupe 1 FFE, groom : Anne Carrier), a fait le choix de ne pas s’élancer, malgré sa qualification parmi les trentes meilleurs couples, pour le dernier jour de compétition : “Il est déjà âgé de 14 ans et a montré ses qualités lors de plusieurs Grands Prix. Là, je n'ai plus aucune chance de prétendre à un bon résultat. Je préfère le préserver pour la suite de la saison. Je reviendrai, avec lui ou un autre cheval, pour essayer de gagner un jour.”